Du latin ligare ou religare. La reliure consiste à lier, à rassembler « la » ou « les » feuilles d'un livre, pliées ou non en cahier, de manière à en prévenir la dégradation, à en permettre l'usage durable et souvent à lui donner une esthétique avenante. Très vite, cette pratique artisanale s'est érigée en art. Aujourd'hui les amateurs bibliophiles peuvent rechercher des reliures, à la rareté et/ou à l'esthétique exceptionnelles.
La reliure était déjà classée comme un art chez les Romains : on distinguait les librarioli, les glutinatores, etc. Pendant le moyen âge, les reliures furent quelquefois splendides, mais le plus souvent sobres et peu ornées. Après la découverte de l'imprimerie et à l'époque de la Renaissance, cet art prit un grand essor : dès la fin du XVe siècle, on vit les reliures en maroquin et en veau succéder aux reliures en bois couverts d'étoffes ou de peaux mégissées. L'Italie, puis Lyon et Paris fournirent alors les plus habiles relieurs : on cite, en France, Pierre Roffet, dit le Faucheux, sous François Ier et Henri II ; Nicolas et Clovis Eve, sous Charles IX, Henri III et Henri IV. Les amateurs recherchent les livres que firent relier les bibliophiles de ce temps, Grolier, Laurin, Maioli, etc.
Au XVIIe siècle, les arabesques italiennes, les filets, les entrelacs, les ornements rehaussés d'or et de couleur, firent place à des reliures simples et sévères, notamment en maroquin rouge et en veau uni, souvent de couleur sombre, comme dans les reliures dites Jansénistes. Le Gascon, P. Gaillard et Ruette, puis Boyer, Du Seuil, les deux Dérôme et Padeloup, enfin Bisiaux et Bradel, sont les relieurs les plus estimés des XVIIe et XVIIIe siècle ; on cite à la même époque en Angleterre, Baumgarten, Welcher, Roger Payne, Kalthober, etc.
Au XIXe siècle, on retiendra les reliures de Purgold, de Bozerian, de Simier, de Thouvenin, de Bauzonnet et de Trautz son gendre, celles de Koehler, Duru, Niédrée, Capé, Thompson, Marius (doreur), etc .., en France, et de Clarke, Lewes, Hering, Rivière, etc., en Angleterre. Avec le début du XXe siècle, la reliure devient création artistique à part entière et se répartit entre livres d'artistes (création originale de tout le livre dont la reliure) et livres-objets (création d'une reliure originale). Parmi les relieurs d'art les plus remarquables du XXe siècle, citons Rose Adler, Paul Bonet, Robert Bonfils, Antoinette Cerutti, Georges Cretté, Henri Creuzevault, Germaine de Coster, Louise-Denise Germain, Pierre Legrain, Georges Leroux, Madame Marot-Rodde, Monique Mathieu, Pierre-Lucien Martin, Georges Plumelle, François-Louis Schmied.
La reliure traditionnelle cousue dite « à la française »
La reliure à la française est passée en carton, cousue de manière traditionnelle. C'est la
technique classique qui a connu son apogée aux XVIIIe et XIXe siècles.
La reliure emboîtée dite « reliure à la Bradel »
Une reliure est dite « à la Bradel » lorsque elle se présente sous la forme d'un emboîtage avec un dos brisé.
Le dos est dit « brisé » car il n"est pas collé aux cahiers ; on peut donc ouvrir complètement le livre sans
risque et constater l'espace qui se crée. Le dos est généralement lisse et sans nerfs devenus inutiles. Avec
ce type de reliure, le livre est recouvert de papier ou de toile à la place du cuir qui serait trop rigide.
Les gouttières profondes créées aux charnières sont caractéristiques des reliures à la Bradel. Plus rapide à
fabriquer, plus économique et relativement plus pratique, ce type de reliure connut un vif succès au XIXe
siècle.
Les reliures contemporaines
On appelle reliure contemporaine une reliure réalisée pour obtenir des effets esthétiques modernes. Les
reliures contemporaines s'adaptent généralement aux nouvelles façons de faire les livres, aux formats
exceptionnels ou bâtards. Elles permettent également, pour certaines, de relier des livres emboîtés-collés en
carnets ou en pages volantes ; dès lors que les marges entre dos et texte sont suffisantes.
On distingue la reliure plein cuir, qui se dit d'un livre entièrement recouvert de cuir ; le demi-cuir, qui n'a que le dos couvert en peau et la reliure en toile généralement accompagnée d'une pièce de titre (morceau de cuir placé sur le dos du livre. Il y est apposé le nom de l'auteur et le titre du livre).
Les qualités des cuirs utilisés et leurs utilisations peuvent varier. Il existe des reliures, du meilleur au plus banal, en veau, en maroquin, en daim ou agneau velours (peaux très souples et chamoisées), en chagrin, en basane, etc.
La qualité du papier d'un livre relié a également son importance. Pour les reliures traditionnelles anciennes , on distingue le papier de hollande, le papier de chine, le papier du japon, le grand papier, le papier velin, le papier vergé, le papier wathman, le papier bouffant, le papier bible, Le papier classique, de facture modeste, utilisé pour les livres d'aujourd'hui, est le papier alpha.
Lire : Le travail traditionnel du relieur