Dernière évolution en date, concernant la presse offset classique, c'est l'embarquement du système CtP sur la presse. C'est ce que l'on appelle le DI (Direct imaging). Il n'y a alors plus d'opération intermédiaire entre le poste de mise en pages et la presse, la gravure se faisant directement sur le cylindre porte-plaque de la presse offset. Avantage : repérage exceptionnel des quatre groupes et économie de temps de calage.
Un autre créneau est né des dernières évolutions des photocopieurs, ce sont les presses dites numériques où tout le système classique a été remplacé par des systèmes de transfert d'image du type photocopieurs, permettant alors des tirages instantanés et fidèles du document d'entrée (fichier, épreuve...), mais avec un coût largement supérieur, ce qui le réserve, pour le moment, à de courts tirages.
La fabrication d'un imprimé passe par différentes étapes rassemblant des savoir-faire et des matériels différents et complémentaires.
La préparation d'un travail destiné à l'impression passe par les phases de réflexion sur le produit, l'écriture de son contenu, le rassemblement des matériaux illustratifs (photographies, dessins, graphes, etc.), puis sur l'ébauche de ce que devrait être le produit fini. Pour ce faire, on réalisera un rough sur papier ou sur écran dans lequel on mettra le plus souvent du faux-texte. Une fois l'ébauche validée, on fournira à l'étape suivante le matériel nécessaire pour travailler le produit.
Le maquettiste va executer une ou plusieurs versions de mise en pages avec les matériaux fournis (textes, images, rough...) et l'on passera à l'étape de la composition.
La composition est l'étape, aujourd'hui disparue, de saisie des textes qui se faisait sur micro-ordinateur avec l'aide d'un traitement de texte ou avec du matériel dédié de photocomposition. Aujourd'hui, le texte est le plus souvent déjà saisi par le client. Il existe néanmoins des techniques permettant de récupérer des textes déjà imprimés, c'est ce que l'on appelle la Reconnaissance Optique de Caractères.
L'opérateur va alors exécuter le travail proprement dit, en assemblant les textes et les images dans la réalisation du document. C'est la publication assistée par ordinateur (PAO). Il se basera donc sur les maquettes fournies pour faire la mise en pages et suivra le chemin de fer qui définit les pages et les emplacements de publicités, hors-texte, etc.
Le photograveur entre alors dans la ronde. C'est lui qui va, grâce au Scanner, numériser les images et photographies qui seront définitivement incorporées au document à imprimer. Il substituera alors les images de placement par les images en haute définition ou par un système OPI. Il a en charge la retouche des images avec un logiciel dédié, il effectue la La colorimétrie, l'élimination de poussières, défauts, la mise à l'échelle ...
Le document numérique achevé, on va en faire une épreuve contractuelle (appelée abusivement Cromalin) qui donnera l'allure définitive du document, à savoir la typographie, l'emplacement des illustrations , les couleurs. Ce document servira de référence à l'imprimeur qui devra en respecter les nuances. L'épreuve est dite contractuelle car elle servira de référence en cas de litige. Le client doit alors s'assurer que le texte est correct, les images bien référencées ... C'est le moment de la relecture et des corrections éventuelles.
Si le client est satisfait du travail, que les corrections ont été parfaitement exécutées, les images bien retouchées et les couleurs bien étalonnées, il remet alors le bon à graver (le Bàg) dûment daté et signé. C'est ce document qui donnera le feu vert pour l'impression.
L'imprimeur reçoit alors les fichiers numériques de toutes les pages. Son rôle est d'en faire l'imposition, c'est-à-dire, assembler les pages en cahiers qui seront, après l'impression, coupés, pliés et reliés pour faire l'ouvrage façonné. Généralement, l'imprimeur soumet au client une épreuve de contrôle appelée aussi Ozalid afin de contrôler la séquence des pages. Ce document sera plié et découpé afin de faire une morasse. L'imposition peut se contrôler à l'aide d'un polichinelle, petit papier A4 plié autant de fois qu'il y a de poses dans le cahier, en petit livret, dont les pages seront numérotées. Une fois déplié, le polichinelle donne le plan d'imposition.
C'est là qu'entre en oeuvre le CtP ou le CtF. On va réaliser les plaques qui seront destinées à l'impression quadrichromique.
L'imprimeur monte alors les plaques sur une presse offset feuille ou une rotative, c'est l'étape du calage. Ensuite vient l'encrage de la presse, c'est-à-dire que l'imprimeur laisse l'encre se répartir sur les rouleaux et vérifie que les couleurs sont imprimées correctement à l'aide d'une gamme de contrôle positionnée en bas de l'imprimé. L'ensemble des feuilles tirées pendant le réglage de l'encrage est appelé la gâche papier. Le client doit contrôler une dernière fois le travail et donner le bon à tirer (BàT) définitif. Ensuite l'imprimeur lance l'impression, c'est le tirage.
Une fois les cahiers imprimés, on passe à la phase de finition : massicotage, pliure, reliure, plastification, et ... distribution ! Le massicotage consiste à couper les feuilles en vue de leur passage en plieuse ou au format définitif, surtout dans le domaine de l'étiquette (vin, conserves, etc.). La pliure se fait avec une plieuse qui a pour but de plier la feuille imprimée dans un ordre précis afin que les folios se suivent. Différentes sortes de pliures existent, tels le pli croisé, le pli parallèle qui comprend : le pli économique, en accordéon, en pli roulé, en porte-feuille. Il y a trois sortes de plieuses : à couteaux, à poches et mixtes qui combinent les deux précédentes.
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